Les chiens préfèrent-ils la nourriture ou les caresses ? Une étude menée en Inde

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Une synthèse d’étude fondée sur des sources, consacrée à une étude de 2026 sur les récompenses alimentaires et les caresses chez des chiens vivant en liberté.

Recherche et données | Synthèse d’étude | Mise à jour le 11 septembre 2026

La réponse en bref

Une étude de 2026 Animal Cognition a comparé les récompenses alimentaires et les caresses chez des chiens vivant en liberté au Bengale-Occidental, en Inde. Lors de la première journée du test de choix, les chiens ont préféré la personne qui leur donnait à manger. À partir du deuxième jour, le choix du groupe ne différait plus du hasard.

Ce résultat ne signifie pas que tous les chiens préfèrent d’abord la nourriture, puis les caresses. L’étude a commencé avec 99 chiens adultes, mais seuls 61 d’entre eux se sont suffisamment approchés d’un expérimentateur inconnu pour participer à l’étude de dix jours. Parmi eux, 45 ont terminé tous les tests de choix en exprimant un choix clair et ont été inclus dans l’analyse finale. Le résultat décrit donc un groupe sélectionné de chiens vivant en liberté et suffisamment confiants pour s’approcher, dans le cadre d’un protocole de terrain précis.

La conclusion utile est plus nuancée : une récompense immédiate et une association sociale répétée ne répondent pas à la même question. Une récompense alimentaire peut attirer rapidement l’attention. Des interactions répétées et volontaires peuvent modifier ce qu’un chien choisit de faire ensuite. Aucun de ces résultats ne constitue une règle universelle de dressage ni une raison d’approcher un chien inconnu.

Ce que l’étude a mesuré

Les travaux de terrain ont eu lieu entre février et juin 2023 in à Gayeshpur, Kataganj et Kalyani, dans le district de Nadia, au Bengale-Occidental, en Inde. Les chercheurs ont étudié des chiens adultes vivant en liberté, qui ne connaissaient pas les expérimentateurs. Les chiens ont été identifiés grâce à leur emplacement et à leurs caractéristiques visibles, afin de pouvoir suivre les mêmes individus tout au long de l’étude.

Le premier test consistait à déterminer si un chien s’approcherait d’une personne inconnue à moins d’environ 0.8 mètres en 60 secondes, sans manifester de peur ni d’agressivité. Ce n’était pas un détail anodin : ce critère déterminait quels chiens pouvaient participer à la comparaison des récompenses.

Un chien réfléchissant calmement entre une petite récompense alimentaire et une attention sociale bienveillante proposées par deux personnes.
Illustration d’un choix neutre entre deux récompenses, où le contexte et le chien lui-même restent déterminants.

Du jour 1 au jour 5, deux expérimentateurs inconnus ont travaillé avec chaque chien. L’un lui donnait de la nourriture et l’autre le caressait. L’attribution était faite au hasard : la même personne n’était donc pas toujours chargée de donner la nourriture. La récompense alimentaire consistait en un morceau de poulet cru pesant environ 8 à 10 grammes. Le protocole de caresses comprenait six mouvements du sommet de la tête jusqu’au cou, suivis d’environ 10 secondes de contact visuel.

Les chiens ont ensuite participé à des tests de choix jusqu’au jour 10. Les deux expérimentateurs se tenaient à plusieurs mètres du chien et l’appelaient en utilisant la même vocalisation. Aucun des deux ne proposait de récompense pendant le test de choix. Le choix était comptabilisé lorsque le chien s’approchait à moins d’environ 0.8 mètres et regardait la personne sélectionnée. Les chercheurs ont relevé le fournisseur choisi, le délai d’approche, le numéro de l’essai et un indice de socialisation.

Un évaluateur indépendant a codé 20% des vidéos pour déterminer les choix. L’article fait état d’un accord élevé entre les évaluateurs, avec un kappa de Cohen de 0.947.

L’échantillon a évolué au fil de l’étude

Étape Chiens restants Signification de l’étape
Test d’aptitude à l’approche 99 testés Des chiens adultes vivant en liberté ont été évalués sur le terrain.
Participation à l’étude de dix jours 61 Les chiens se sont suffisamment approchés de l’expérimentateur inconnu pour poursuivre l’étude.
Analyse finale des choix 45 Les chiens ont terminé tous les tests de choix et ont exprimé des choix clairs tout au long de l’étude.

Les pourcentages et les résultats statistiques des modèles présentés dans l’article concernent donc le sous-groupe étudié, et non l’ensemble des chiens vivant en liberté dans les trois lieux de l’étude. Les chiens qui ont évité le test d’approche ou n’ont pas exprimé de choix clair n’étaient pas représentés dans l’analyse finale.

Qu’est-ce qui a changé après la première interaction ?

Le premier choix a favorisé la personne qui donnait la nourriture. L’article fait état d’une préférence significative, au jour 1, pour cette personne, avec un khi carré de 5.00 et p = 0.025.

La tendance observée par la suite était différente. À partir du jour 2, le groupe n’a montré aucune préférence constante pour l’un ou l’autre des deux intervenants. Les auteurs expliquent que la nourriture constituait un facteur de motivation plus puissant à court terme, tandis que les interactions répétées associées à l’une ou l’autre récompense contribuaient progressivement à créer des associations sociales positives.

Le délai d’approche a également évolué pendant la première phase de familiarisation. Il a diminué entre les jours 1 et 5, et des valeurs plus élevées de l’indice de socialisation étaient associées à des approches plus rapides dans le modèle présenté. Ces mesures décrivent le comportement observé pendant l’expérience. Elles ne constituent pas un score général de sociabilité applicable à un chien de compagnie.

L’étude a également montré que les choix n’étaient pas parfaitement constants d’un test à l’autre. La concordance entre les jours 1 et 5 était inférieure à celle attendue par hasard, sans toutefois être statistiquement significative, et la période de test suivante appelait la même prudence. Un choix unique ne doit pas être considéré comme une préférence stable sans tenir compte du contexte et du chien.

Éclairages fondés sur les données

La motivation immédiate n’est pas la même chose qu’une association durable

La préférence pour la nourriture observée au jour 1 répond à une question à court terme : quelle personne le chien a-t-il approchée en premier après l’introduction des deux types de récompense ? L’absence de préférence observée par la suite répond à une autre question, liée à une exposition répétée. L’étude ne permet pas d’établir un classement simple selon lequel la nourriture compterait toujours davantage que le contact social.

Il s’agit d’une interprétation fondée sur l’évolution des résultats au fil du temps, et non d’une conclusion universelle concernant tous les chiens. Une autre nourriture, une autre forme de contact, une personne familière ou un environnement différent pourraient modifier la réaction observée.

L’évolution de l’échantillon influe sur l’interprétation du résultat

L’analyse finale n’incluait pas tous les chiens rencontrés par les chercheurs. Les chiens devaient s’approcher d’une personne inconnue, puis faire des choix clairement identifiables au cours de dix tests. Cela rend le résultat utile pour comprendre le comportement du groupe participant, mais limite la portée que l’on peut lui donner.

L’étude ne nous dit pas comment réagiraient des chiens craintifs, agressifs, blessés ou moins sociables. Elle ne permet pas non plus de savoir si un chien de famille, un chien de refuge ou un chien vivant dans un autre pays présenterait le même comportement.

Le type de récompense dépend de la personne et du protocole

Les expérimentateurs étaient inconnus des chiens, portaient des vêtements similaires, alternaient leur position et suivaient des procédures précises pour les appels, la nourriture et les caresses. Après plusieurs séances, le chien choisissait entre deux personnes, et non entre deux récompenses abstraites considérées séparément.

Cette distinction est importante pour interpréter le résultat. Dans un contexte donné, une récompense alimentaire peut attirer rapidement un chien, tandis que dans un autre, une personne calme et familière peut avoir davantage d’importance. L’article ne présente pas la nourriture et les caresses comme des outils universels, ni ne les classe l’une par rapport aux autres.

Ce que l’étude ne montre pas

Elle ne montre pas que :

  • tous les chiens préfèrent la nourriture lors d’une première rencontre ;
  • les caresses sont automatiquement bienvenues ou apaisantes ;
  • il faut s’approcher d’un chien inconnu, le toucher ou le nourrir ;
  • la nourriture est la meilleure récompense pour l’éducation d’un chien de famille ;
  • un indice de socialisation mesure le bien-être, la personnalité ou la confiance ; ou
  • le résultat obtenu auprès de chiens errants sélectionnés du Bengale-Occidental s’applique à tous les chiens.

L’étude portait sur un comportement précis au sein d’une population précise. Elle apporte des éléments sur ce protocole, mais ne constitue pas une consigne sur la manière de se comporter avec des chiens dans l’espace public.

Une limite pratique pour les familles avec un animal

Servez-vous du langage corporel du chien et de sa volonté de s’approcher pour comprendre le contexte, et non comme d’une garantie de sécurité. Ne reproduisez pas le protocole de cette étude avec un chien inconnu. Un chien qui s’éloigne, se fige, se recroqueville, détourne la tête, grogne ou évite le contact exprime une limite. Laissez-lui de l’espace et suivez les recommandations de sécurité en vigueur localement.

Pour un chien de famille, la nourriture et les interactions sociales peuvent toutes deux contribuer à la relation, mais la récompense adaptée dépend du chien, de l’activité et du moment. L’étude ne permet pas de choisir une récompense pour un animal donné et ne remplace ni une éducation respectueuse du bien-être de l’animal ni les conseils d’un professionnel du comportement lorsqu’un problème persiste ou présente un danger.

En résumé

Dans cette étude menée sur le terrain, la nourriture a suscité davantage de choix lors du premier jour de test. Après plusieurs interactions, le groupe n’a plus montré de préférence constante entre les personnes qui distribuaient la nourriture et celles qui proposaient des caresses. Cette évolution est intéressante, car elle distingue un facteur de motivation immédiat d’une expérience sociale répétée.

Le résultat concerne 45 chiens errants sélectionnés, dont le comportement pouvait être suivi tout au long de l’étude. Il ne permet pas d’établir ce que souhaite chaque chien, ce que tolérera n’importe quel chien inconnu ni quelle récompense convient le mieux à un programme d’éducation à la maison.

Mieux observer son chien à la maison

Les propriétaires peuvent tirer davantage d’enseignements du choix d’une récompense en posant une question simple et ciblée. Proposez une seule option à la fois, dans un environnement familier, gardez un comportement constant et observez ce que fait le chien après avoir reçu la récompense. Sa façon de s’approcher, le délai avant sa réaction, sa volonté de recommencer l’activité et sa capacité à s’éloigner calmement peuvent raconter des choses différentes.

L’observation doit rester descriptive. Un chien qui prend rapidement la nourriture a montré ce qui s’est passé à ce moment-là, dans le cadre de ce protocole. Il n’a pas révélé une préférence permanente pour la nourriture plutôt que pour l’affection, ni une règle universelle applicable à d’autres chiens. Refaire la même comparaison un autre jour peut indiquer si le résultat est suffisamment stable pour orienter une routine.

Sources

  1. Nandi, S., Lahiri, A., Pal, T. S. et coll. « Friandises ou affection ? Comprendre les préférences en matière de récompense chez les chiens indiens vivant en liberté. » Animal Cognition 29, 31 (2026). site de Springer Nature
  2. Notice PubMed
  3. Texte intégral sur PMC

Il s’agit d’une synthèse consacrée à une seule étude, et non d’une revue systématique ou d’une méta-analyse. L’étude a été menée en Inde auprès de chiens errants et ne doit pas être considérée comme une donnée appartenant à VEP ni comme une règle comportementale universelle. Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un avis de diagnostic ou de traitement vétérinaire.