Pourquoi il ne faut jamais frapper un chien : des gestes respectueux et sûrs

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Chien confortablement installé sur un lit moelleux dans une maison calme
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Aucune partie du corps n’est un endroit où frapper un chien

Il n’existe aucun endroit où l’on puisse frapper un chien sans danger. Frapper la tête, les oreilles, le visage, le cou, le ventre, le dos, les pattes, les coussinets, la queue ou toute autre partie du corps peut le blesser. Les châtiments physiques peuvent également rendre le chien méfiant envers la personne, la main qui s’approche ou la situation qui a précédé le coup. L’American Veterinary Society of Animal Behavior recommande l’éducation fondée sur la récompense et déconseille les méthodes reposant sur la douleur, l’intimidation ou la force physique.

La question utile n’est pas de savoir quelle partie du corps pourrait supporter un coup. Il s’agit plutôt de déterminer ce que vous pouvez changer pour que la situation soit plus sûre la prochaine fois. Éloignez-vous, empêchez le chien de reproduire le comportement problématique, apprenez-lui un comportement de remplacement et récompensez ce choix. Si le chien réagit lorsqu’on le touche ou qu’on le manipule, arrêtez-vous et envisagez une douleur, de la peur ou une sensibilité acquise à la manipulation avant de réessayer.

Pourquoi une liste des « zones sensibles » peut être trompeuse

Les chiens n’ont pas tous les mêmes préférences ni la même tolérance à l’inconfort. Un chien peut apprécier qu’on lui caresse le poitrail, mais retirer sa patte lorsqu’on la touche. Un autre peut accepter qu’on lui manipule les oreilles après un apprentissage progressif, tout en n’aimant pas qu’une main passe au-dessus de sa tête. Les oreilles, les yeux, la bouche, les pattes, la queue, le ventre et les articulations nécessitent souvent une attention particulière lors du toilettage, de l’administration de médicaments, du portage ou des soins vétérinaires. Cependant, aucune liste de parties du corps ne peut vous indiquer ce qu’un chien donné ressent aujourd’hui.

Lorsqu’un chien montre son ventre, cela ne signifie pas que vous pouvez forcément le toucher ou le retenir. Il peut être détendu, demander qu’on lui laisse de l’espace ou réagir à la situation d’une autre manière. Observez l’ensemble de son langage corporel et laissez-le s’éloigner. Notre guide sur les raisons pour lesquelles les chiens montrent leur ventre vous donnera davantage de contexte sur le langage corporel, tandis que cet article se concentre sur la prévention des blessures et les façons de manipuler un chien plus sûrement.

Ce que les châtiments physiques peuvent apprendre à la place

Un coup peut interrompre un comportement pendant un instant, mais il n’explique pas au chien ce qu’il devrait faire à la place. Il peut aussi rendre la personne moins prévisible à ses yeux. Le Merck Veterinary Manual et les recommandations comportementales de VCA indiquent que la confrontation et les punitions peuvent accroître la peur, l’excitation, l’évitement ou l’agressivité défensive. Un chien peut cesser de manifester un avertissement discret, comme détourner la tête ou grogner, tout en restant mal à l’aise et en adoptant plus tard une réaction plus forte.

C’est pourquoi les méthodes consistant à « tapoter le nez », « donner une tape sur l’arrière-train », « faire un retournement sur le dos » ou « maintenir le chien au sol » ne sont pas des solutions bienveillantes. Elles ajoutent de la force sans enseigner clairement un comportement de remplacement. Elles peuvent aussi rapprocher la personne d’une gueule effrayée ou d’une partie du corps douloureuse. Les limites restent importantes, mais elles sont plus efficaces lorsqu’elles sont prévisibles, calmes et enseignées sans douleur ni intimidation.

Observez le chien avant de tendre la main

Cessez de toucher le chien ou de vous rapprocher s’il se fige, raidit son corps, détourne la tête, recule, se cache, sursaute, se lèche les babines à répétition, grogne, essaie de mordre ou tente de partir. Un seul signe ne permet pas de conclure à la peur ou à la douleur, mais il suffit pour faire une pause. Ne punissez pas un grognement. C’est un avertissement indiquant que le chien souhaite que l’interaction change.

Comparez également cette réaction au comportement habituel du chien. Une nouvelle réaction au brossage, au fait d’être soulevé, aux escaliers, à la manipulation du collier, aux soins des griffes ou au contact d’une partie précise du corps peut indiquer une douleur. Le Merck Veterinary Manual et l’American Animal Hospital Association citent parmi les raisons de consulter un vétérinaire des changements tels qu’une irritabilité, un repli sur soi, une réticence à bouger, des vocalises pendant les interactions, des changements de posture ou une réaction au toucher. Un chien peut continuer à manger, remuer la queue ou saluer les gens malgré une douleur. Un moment où il se montre amical n’exclut donc pas un problème douloureux.

Comment manipuler un chien sans force

  1. Laissez le chien choisir. Approchez-vous par le côté, parlez d’une voix calme et laissez le chien s’éloigner. Ne bloquez pas un chien dans un coin pour lui prouver que le contact est sans danger.
  2. Commencez par ce qui le met à l’aise. Pour l’habituer aux soins, commencez par toucher brièvement une zone qu’il accepte déjà. Gardez la main légère et limitez la durée de la séance.
  3. Associez le contact à quelque chose d’agréable. Donnez une petite friandise après un contact calme, puis retirez la main. Le chien doit pouvoir faire une pause ou partir, plutôt que d’être maintenu malgré son inconfort.
  4. Ne changez qu’une seule étape à la fois. Avancez progressivement vers les pattes, les oreilles, la bouche ou une autre zone difficile, uniquement si le chien reste détendu et coopératif. S’il se tend ou recule, revenez à une étape plus facile.
  5. Privilégiez les soins coopératifs pour les gestes nécessaires. La coupe des griffes, le nettoyage des oreilles, le toilettage, l’administration de médicaments et les examens peuvent nécessiter un plan établi avec votre vétérinaire ou un professionnel qualifié du comportement. Ne forcez pas un chien douloureux ou effrayé à subir un soin à la maison.
Personne récompensant un chien assis avec une friandise pendant un entraînement bienveillant

L’AAHA recommande de courtes séances d’apprentissage en douceur, associant des friandises à la manipulation des pattes, des oreilles, de la bouche et du corps pour préparer le chien aux soins courants. Cela n’a rien à voir avec le fait de l’attraper, de l’immobiliser ou de passer outre sa résistance. L’objectif n’est pas de faire accepter au chien une manipulation illimitée. Il s’agit de mettre en place une routine de soins prévisible, pendant laquelle le chien reste en dessous de son seuil de stress et reçoit de l’aide lorsqu’il n’y arrive pas seul.

Que faire lorsque le comportement est difficile à gérer

Remplacez la réprimande par un plan de gestion simple :

  • Évitez que le comportement se répète. Utilisez des barrières, gardez vos distances, attachez le chien en laisse, fermez les portes, protégez les zones où se trouve la nourriture ou aménagez-lui un endroit calme pour se reposer, le temps d’identifier ce qui déclenche sa réaction.
  • Réduisez la pression. Mettez fin à l’interaction, réduisez le bruit, éloignez les enfants et les visiteurs, puis laissez le chien se calmer avant de lui demander quoi que ce soit.
  • Apprenez-lui une alternative. En situation calme, entraînez un signal comme « viens », « touche », « lâche », « au tapis » ou « assis », puis récompensez-le avant d’ajouter des distractions.
  • Récompensez les premiers signes de coopération. Récompensez le fait de détourner le regard, de reculer, de venir vers vous ou de se détendre sur un tapis. N’attendez pas que le chien ait déjà dépassé son seuil de tolérance.
  • Faites-vous accompagner par un professionnel qualifié. Un vétérinaire peut rechercher une douleur ou une maladie. Un vétérinaire comportementaliste ou un professionnel qualifié de l’éducation fondée sur la récompense peut établir un plan pour gérer l’agressivité, la peur, la protection de ressources ou la sensibilité à la manipulation.

Le Merck Veterinary Manual indique que la gestion de l’environnement, le remplacement de la réaction, le contre-conditionnement et l’éducation fondée sur le renforcement sont des moyens plus sûrs de modifier un comportement que la confrontation. Si un chien présente une agressivité modérée ou sévère, n’essayez pas de le mettre à l’épreuve en reproduisant le déclencheur à la maison.

Lorsqu’un chien réagit au contact d’une zone particulière de son corps

Une réaction déclenchée par un contact précis mérite qu’on s’y intéresse, pas qu’on intervienne avec plus de force. Cessez de le manipuler et notez ce qui s’est passé : la zone du corps concernée, le type de contact, la posture du chien, le caractère nouveau ou non de cette réaction, ainsi que ce qui s’est produit ensuite. N’appuyez pas plusieurs fois sur la zone pour « vérifier ». Ne donnez jamais de médicament antidouleur destiné aux humains, sauf si un vétérinaire vous l’a expressément recommandé.

Contactez rapidement votre vétérinaire si la réaction est nouvelle ou s’aggrave, en cas de boiterie, de gonflement, de plaie, de léchage répété d’une même zone, de changement d’appétit ou d’activité, de vocalisations inhabituelles ou de réticence à être déplacé. Consultez un vétérinaire en urgence en cas de blessure grave, de saignement incontrôlé, de difficultés respiratoires, d’effondrement, d’absence de réaction ou de douleur intense. Un problème douloureux peut nécessiter un traitement médical, et la peur développée pendant un épisode douloureux peut nécessiter un accompagnement comportemental une fois le problème médical pris en charge.

Chien couché sur le dos tandis qu’une personne lui laisse la possibilité de choisir et garde ses distances

Si un chien grogne, claque des mâchoires ou se montre dangereux

Ne frappez pas un chien effrayé ou excité, ne le poursuivez pas, ne le coincez pas, ne le fixez pas et ne lui saisissez pas le collier. Cessez de tendre la main et créez de la distance. Lorsque c’est possible sans entrer dans l’espace du chien, placez une porte, une barrière pour bébé, un meuble ou un autre obstacle solide entre lui et les personnes présentes. Éloignez les enfants et les visiteurs, puis appelez un vétérinaire ou un professionnel qualifié du comportement animal afin d’établir un plan de sécurité.

Si un chien est en train d’attaquer, donnez la priorité à la sécurité des personnes et à la mise à distance plutôt qu’à la recherche d’un endroit où le frapper. Gardez les mains éloignées de sa gueule, utilisez des obstacles si vous en avez à disposition et appelez, si nécessaire, les services d’urgence ou les services locaux de contrôle animalier. Après toute morsure ou blessure, faites-vous soigner et respectez les obligations locales de signalement. Les mesures à prendre dépendent des personnes, des animaux, du lieu et du danger immédiat : un article en ligne ne peut donc pas remplacer les consignes des services d’urgence.

Questions fréquentes

Existe-t-il un endroit où l’on puisse frapper un chien sans danger ?

Non. Aucune partie du corps ne peut être frappée en toute sécurité ni de manière bienveillante pour éduquer un chien. Toute force physique peut le blesser ou rendre les manipulations futures moins prévisibles. Privilégiez plutôt la mise à distance, la gestion de l’environnement et l’éducation fondée sur la récompense.

Puis-je tapoter le nez de mon chien ou lui donner une tape sur l’arrière-train pour le corriger ?

N’utilisez pas de corrections physiques. Elles peuvent provoquer de la peur, de l’évitement ou une agressivité défensive, sans lui apprendre le comportement attendu. Prévenez la situation problématique, demandez-lui un comportement de remplacement et récompensez cette alternative.

Pourquoi mon chien grogne-t-il quand je touche une zone de son corps ?

Un grognement peut être lié à la douleur, à la peur, à une expérience désagréable passée ou à une demande de distance. Cessez de toucher la zone concernée et prenez rendez-vous chez le vétérinaire si la réaction est nouvelle, persistante ou accompagnée d’autres changements. Ne punissez pas votre chien parce qu’il grogne.

Comment apprendre à mon chien à accepter qu’on lui manipule les oreilles, les pattes ou la gueule ?

Commencez avec un chien détendu et une partie du corps qu’il accepte déjà qu’on touche. Touchez-la brièvement, donnez-lui une récompense, puis arrêtez. Progressez par petites étapes, uniquement tant que le chien reste à l’aise. Demandez conseil à votre vétérinaire ou à un professionnel qualifié du comportement animal si le chien se fige, cherche à fuir, grogne, claque des mâchoires ou semble souffrir.

Que faire si j’ai frappé mon chien sous le coup de la colère ?

Cessez l’interaction, installez votre chien dans un endroit calme et vérifiez qu’il n’est pas blessé, sans lui imposer de nouvelles manipulations. Contactez votre vétérinaire en cas de blessure, de signe de douleur ou de changement soudain de comportement. Mettez ensuite en place un accompagnement comportemental fondé sur la récompense afin d’éviter que le conflit ne se reproduise. Ne frappez jamais votre chien une seconde fois pour « finir de lui apprendre la leçon ».

Que faire si mon chien attaque quelqu’un ?

Ne tendez pas les mains vers sa gueule et ne cherchez pas un endroit où le frapper. Si possible, créez de la distance à l’aide d’un obstacle, éloignez les personnes et appelez, si nécessaire, les services d’urgence ou les services locaux de contrôle animalier. Ensuite, demandez un avis médical et vétérinaire, puis faites réaliser une évaluation comportementale par un professionnel.

Sources et prochaine étape plus sûre

Ce guide s’appuie sur la prise de position de l’AVSAB sur l’éducation bienveillante des chiens, les recommandations comportementales du Merck Veterinary Manual, les recommandations du Merck destinées aux propriétaires de chiens agressifs, les signes de douleur répertoriés par le Merck Veterinary Manual, les recommandations de l’AAHA sur la douleur, les recommandations de l’AAHA sur les manipulations positives, ainsi que les recommandations de la VCA en matière de sécurité et de gestion. Ces sources présentent des principes généraux de sécurité et d’éducation, mais ne constituent ni un diagnostic ni un plan d’urgence pour un chien en particulier.

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